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[ Source : Le bien public ]

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Alors qu'il plaide pour une "application différenciée de la limitation de vitesse à 80 km/h" avec 35 autres présidents d’exécutifs départementaux de la droite et du centre, François Sauvadet avait reçu le 15 mars dernier une lettre du Premier ministre. Dans cette missive, Edouard Philippe affirmait sa "totale" détermination à ramener à 80 km/h la vitesse maximale sur les routes secondaires au 1er juillet 2018 (Le détail de la lettre ici).

"La méthode est mauvaise"

Ce vendredi matin, soit presque dix jours après avoir reçu la lettre de l'exécutif, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a décidé de répondre à Edouard Philippe via son site internet. Dans un long texte baptisé "Non, Edouard Philippe, les départements ne veulent pas "moins" de sécurité routière mais "mieux" de sécurité routière", l'ancien ministre salut "la croisade contre la mortalité routière" du gouvernement mais estime que "la méthode est mauvaise".

"Il est persuadé d’avoir raison. Pourtant, personne, au sein de son propre Gouvernement, ne se bouscule au portillon pour défendre un point de vue plus que discutable", lance François Sauvadet. Par la suite, l'homme politique revient sur les arguments présents dans la lettre d'Edouard Philippe : "J’ai regardé plus en détail les études signalées par le Premier ministre. J’en ai trouvé deux. [...] La première, un document de 25 pages, parvient à la conclusion que, suite à l’abaissement de la vitesse autorisée de 90 à 80 km/h, la vitesse moyenne enregistrée a… baissé de 4,7km/h ! Diantre. [...] La deuxième propose un bilan de l’accidentalité, toujours sur les mêmes tronçons concernés par l’expérimentation. Dans leurs conclusions, les experts notent que « bien que l’accidentalité présente une tendance générale à la baisse, celle-ci n’est pas statistiquement significative »."

"Pourquoi pas 60 km/h ?"

François Sauvadet poursuit : "Le Premier ministre note ensuite que l’implantation des radars automatiques a engendré une baisse de la vitesse et une baisse de la mortalité. Là encore, c’est logique. La grande vitesse est incontestablement une cause de mortalité routière mais de là à en tirer la conclusion qu’il faut passer à 80 km/h… Pourquoi pas 60 km/h ?"

Enfin, en conclusion, le président du conseil départemental précise qu'il ne s'oppose "pas en bloc à l’abaissement de la limitation de vitesse." "Au contraire, nous, présidents de département, estimons qu’en faisant du cas par cas et en réduisant la vitesse sur les portions de route les plus accidentogènes, les usagers seront plus réceptifs. La mesure sera mieux comprise et, donc, mieux respectée."

Tendant la main au Premier ministre, François Sauvadet estime qu'"il n’est pas trop tard pour engager une vaste concertation".