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Sous la présidence de Philippe Bas (Sénateur de la Manche – Les Républicains) et Hervé Maurey (sénateur de l’Eure – Union Centriste), la commission des lois et la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat ont entendu, mercredi 24 janvier, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, pour obtenir des explications complémentaires sur le plan gouvernemental de lutte contre l’insécurité routière. L’audition est disponible en vidéo en cliquant sur ce lien.

À l’issue de cette audition, les deux commissions ont créé un groupe de travail commun sur la sécurité routière composé de trois membres : Michel Raison (Haute-Saône – Les Républicains), Michèle Vullien (Rhône – Union Centriste) et Jean-Luc Fichet (Finistère – Socialiste et républicain). Ce groupe de travail a été chargé de procéder à des auditions préparatoires à la tenue d’une table ronde sur la sécurité routière ouverte à tous les sénateurs.

Evaluer l’utilité des 80 km/h

« Il s’agit de réunir les éléments d’information nécessaires pour évaluer, sans a priori, l’utilité pour la lutte contre l’insécurité routière d’une réduction à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur certaines routes », insistent Philippe Bas et Hervé Maurey. « Nous attendons toujours de connaître les résultats et la valeur scientifique des études et de l’expérimentation que nous avons demandés par courrier au Premier ministre, dès le jeudi 11 janvier. Si cela s’avérait nécessaire, les commissions pourraient demander les prérogatives d’une commission d’enquête pour obtenir communication de ces documents. La sécurité routière est un enjeu essentiel, qui mérite davantage que des effets d’annonce. »

Expérimentation entre 2015 et 2017

La limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales bidirectionnelles sans séparateur de chaussée, au lieu de 90 km/h, a été décrétée le 9 janvier 2018 par le Premier ministre, au prétexte qu’il veut « sauver des vies ». Le problème, c’est que cette idée, censée épargner 300 à 400 vies par an sur nos routes selon la Direction à la sécurité routière (DSR) du ministère de l’Intérieur, ne date pas d’hier : une expérimentation a été lancée entre 2015 et 2017. Elle concernait 3 tronçons de route : sur la RN7 (8 km dans la Drôme entre Gervans et Bourg-lès-Valence), la RN151 (55 km dans l’Yonne et dans la Nièvre entre Auxerre et Varzy) et la RN57 (14 km dans la Haute-Saône entre Echenoz-le-Sec et Rioz). La DSR possède les résultats de ce test, mais ne souhaite pas les rendre publics ! Ce que dénoncent les associations d’usagers de la route comme 40 Millions d’Automobilistes ou la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC). Edouard Philippe souhaite sauver des vies, pas la démocratie… Mais le Sénat demande des comptes au gouvernement. Comme on peut le constater en visionnant l’audition d’Emmanuel Barbe, celui-ci s’est engagé à fournir les résultats de l’expérimentation aux sénateurs. Il explique également que cette mesure est prise dans le but de créer une rupture, destinée à augmenter la prise de conscience du risque d’excès de vitesse chez les conducteurs, donc à accroître leur vigilance. Quitte à ce que le nombre de verbalisation pour de petites infractions augmente…

Record de PV en 2016

Cette baisse de vitesse maximale autorisée à 80 km/h intervient dans un contexte sensible, les conducteurs se sentant sous pression des autorités avec la multiplication des contrôles de vitesse par les radars automatiques. Ce que confirme un chiffre, dévoilé ces jours-ci par nos confrères d’Auto Plus : en 2016, le nombre de contraventions a été pulvérisé en France, avec 27 018 656 verbalisations pour infraction routière. Le précédent record remontait à 2012, avec 26,3 millions d’amendes.

Cette inflation des PV est notamment due à la multiplication des radars : le haut du classement est occupé par les amendes pour petits excès de vitesse hors agglomération (moins de 20 km/h au-dessus des vitesses maximales autorisées). A l’inverse, les infractions qui nécessitent la présence des forces de l’ordre – téléphone, alcool, feu rouge grillé, etc. – sont en baisse. L’absence de contrôle humain semble donc en cause.

Complément d’information : 80 km/h : pas de baisse de limitation de vitesse pour les camions